Gastronomie en Afrique du Sud : ce qu'il faut manger et où

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Gastronomie en Afrique du Sud : ce qu'il faut manger et où

La cuisine sud-africaine est le reflet de l’histoire complexe du pays : influences indigènes khoïkhoï et bantou, apports malais et indonésiens des esclaves importés aux XVIIe–XVIIIe siècles, cuisine de colons hollandais et britanniques, et influences plus récentes de la communauté indienne installée au KwaZulu-Natal depuis le XIXe siècle. Le résultat est une gastronomie diverse, souvent sous-estimée et qui mérite d’être explorée au-delà des grillades.

Le braai

Le braai (prononcé « braï ») est l’équivalent sud-africain du barbecue, mais élevé au rang d’institution nationale et sociale. Le mot afrikaner signifie simplement « griller ». Le 24 septembre (jour férié national de la Heritage Day / Fête du Patrimoine) est officieusement rebaptisé « National Braai Day ».

Ce que l’on cuit sur le braai :

  • Boerewors (« saucisse de paysan ») : saucisse spirale à base de bœuf et d’agneau épicée avec de la coriandre, du poivre noir et du vinaigre
  • Sosaties : brochettes marinées d’agneau, apricot et épices (influence cap-malaise)
  • Lamb chops (côtelettes d’agneau) : les meilleures d’Afrique du Sud viennent du Karoo, où les moutons broutent le fynbos sauvage
  • Chakalaka : condiment épicé à base de légumes et haricots, servi en accompagnement

Bobotie

Le bobotie est considéré comme le plat national. Viande hachée (bœuf ou agneau) épicée avec du curry, de la cannelle, de la noix de muscade et des abricots secs, recouverte d’un flan aux œufs et cuite au four. L’influence cap-malaise est évidente.

Où le manger : pratiquement dans tous les restaurants de cuisine traditionnelle (« Cape Malay cuisine »). Au Cap, le Bo-Kaap abrite plusieurs restaurants spécialisés. Prix : R 120–220 pour un plat principal.

Bunny chow

Né à Durban dans la communauté indienne dans les années 1940 (probablement pendant l’apartheid, quand les Noirs et les Indiens ne pouvaient pas s’asseoir dans les restaurants pour Blancs), le bunny chow est un demi-pain de mie vidé de sa mie et rempli de curry. Pratique, copieux et délicieux.

Les meilleures versions se trouvent à Durban, mais des adaptations existent dans tout le pays. Prix : R 60–120 selon la taille et le type de curry.

Biltong

Le biltong est une viande séchée et épicée — proche du jerky américain mais plus tendre et plus épicée. Fabriqué traditionnellement avec du bœuf, du springbok (gazelle), ou du kudu, il peut aussi être fait avec de l’autruche. C’est le snack national, vendu dans des sachets en plastique dans tous les supermarchés et stations-service.

Évitez le biltong de supermarché pour votre première dégustation et achetez-le chez un artisan spécialisé — la différence est notable.

Pap

Le pap est la polenta d’Afrique du Sud — semoule de maïs blanche cuite en porridge épais. C’est l’aliment de base dans de nombreuses cultures africaines locales. On le mange en pap et vleis (pap et viande grillée) avec une sauce tomate épicée appelée chakalaka, ou en porridge plus liquide au petit-déjeuner.

Dans les restaurants de cuisine traditionnelle africaine (cuisine « kasi » ou township), la pap accompagne pratiquement tout.

Cuisine cap-malaise

La communauté cap-malaise, descendante des esclaves et travailleurs contractuels amenés d’Asie du Sud-Est aux XVIIe–XVIIIe siècles, a légué à la cuisine capétonienne des épices, des techniques et des plats distinctifs.

Incontournables :

  • Samoosas (samosas) : beignets triangulaires farcis de viande épicée ou de légumes
  • Koeksisters : beignets tressés imbibés de sirop, croustillants à l’extérieur et moelleux à l’intérieur
  • Denningvleis : ragoût de mouton sucré-épicé

Au Cap, le quartier Bo-Kaap abrite plusieurs restaurants et delis spécialisés dans cette cuisine.

Vins sud-africains

L’Afrique du Sud est le septième producteur mondial de vin. Les vignobles se concentrent dans un rayon de 60 km autour du Cap — Stellenbosch, Franschhoek, Paarl et Robertson sont les appellations principales.

Cépages à retenir :

  • Pinotage : croisement entre pinot noir et cinsault, créé en Afrique du Sud en 1925. Notes de cerise noire, fumée et épices. Controversé mais emblématique.
  • Chenin blanc (« Steen ») : l’Afrique du Sud est le premier producteur mondial de chenin blanc. Les versions sèches peuvent rivaliser avec les meilleurs Vouvray.
  • Cabernet sauvignon de Stellenbosch : structure, puissance et complexité à des prix inférieurs aux équivalents bordelais.

Une bouteille de qualité en cave coûte entre R 150 et R 350 (8–20 EUR). Au restaurant, les majorations sont significatives.

Où manger selon les villes

Le Cap

Pour la cuisine cap-malaise :

  • Bo Kaap Kitchen (Bo-Kaap) : authentique, familial, R 120–200 par plat
  • Biesmiellah (Wale Street) : institution du quartier depuis des décennies

Pour la cuisine moderne (« New South African »):

  • The Pot Luck Club (Woodstock) : tapas créatifs, R 80–150 par assiette
  • La Colombe (Constantia) : gastronomique, souvent dans les meilleures tables d’Afrique. Environ R 2 200 par personne pour le menu dégustation

Pour les fruits de mer :

  • The Codfather (Camps Bay) : comptoir de poissonnerie, choisissez votre poisson, R 200–400
  • Harbour House (V&A Waterfront) : vue sur le port, R 250–450

Johannesburg

  • Nambitha (Soweto) : cuisine africaine traditionnelle et pap, ambiance authentique, R 80–150
  • Marble (Rosebank) : cuisine de feu, grillades et légumes braisés, gastronomique, R 250–500
  • Nice (Maboneng) : café–restaurant créatif, brunch et déjeuner, R 80–150

Durban

  • Bania’s (Florida Road) : bunny chow et curry indien depuis les années 1970, R 60–120
  • Spiga d’Oro (Umhlanga) : cuisine italienne adaptée avec produits locaux, R 150–300

Conseils pratiques

Le service n’est pas inclus : En Afrique du Sud, le pourboire (tip) de 10–15 % n’est pas obligatoire mais largement pratiqué dans les restaurants formels. En cuisine de rue et township, il n’est pas attendu.

Eau du robinet : Potable dans tout le pays en dehors de certaines zones rurales. Pas besoin d’acheter de l’eau en bouteille au Cap ou à Johannesburg.

Végétarisme : Les grandes villes ont une bonne offre végétarienne. Dans les zones rurales ou les camps de brousse, les options sont plus limitées — prévenez à l’avance.

Horaires : Le déjeuner est généralement de 12h à 15h, le dîner de 18h à 22h. La culture du brunch du week-end est forte au Cap et à Johannesburg.

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